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samedi 17 juillet 2010
Je confesse ma démence
Je déclare ouverte la cérémonie d'hommage à l'amour et à l'euphorie. Et je te nomme, dans le royaume de la mémoire, Prince... Entrainant avec lui, dans sa privation, ses fidèles parmi les amoureux, les fleurs, les oiseaux et les moules qui bouillonnent de vie secrète à l'intérieur de leurs implacables sourdes coquilles ..
Je déclare ouverte la cérémonie d'hommage à la lumière. Et je confesse au nom du sommeil sur le cratère d'un volcan et de la gomme de l'oubli. Au nom de mon sang et du tien et la lignée de nos secrets. Au nom de tout ce que j'ai pu aimer ou haïr. Au nom de tout ce qui m'a blessé et tout ce que j'ai pu blesser.. Je confesse que je t'aime..
Je confesse au nom du tranchant du sabre de la boussole quand je perds le nord et au nom d'une nuit ensoleillée... Je confesse au nom du "oui" et du "non" et du retour à la pomme... Je confesse au nom de l'aube qui se lève sur un coeur nu et des miroirs brisés... Au nom des adieux ardus, des enlacements fulminants et des joies envenimées ... Au nom des impulsions déchainées jusqu'à la fureur du réveil...
Je confesse au nom des oiseaux s'envolant de tes yeux vers mon coeur... Je confesse que je t'ai aimé.. une fois.... et encore...
Et si jamais je nie mon amour pour toi, mes cils témoigneront contre mon regard.. Et si je me lave les mains de toi, ma main droite témoignera contre ma main gauche. Mes ongles témoigneront contre les lettres embrasées que je planque. Mon souffle témoignera contre mes poumons. Ma circulation sanguine changera de sens pour contrer mon coeur. Mon âme témoignera contre mon corps. Et mon image dans tes miroirs témoignera contre mon visage..
Et le jour où je te quitte -ou tu me quittes- je ne pourrai que me retourner pour évoquer ton ère et confesser que je t'ai aimé une fois.. et que je continue...
mercredi 14 juillet 2010
Le voleur du feu

Je me réveille incandescente, crédule, puisant mon énergie directement à la source de l'existence tel l'instant de ma naissance, quand le marteau des détails vient s'abattre sur moi ...
Bonjour horribles détails quotidiens! Coupez avec mon couteau de cuisine la corde de délivrance qui me liait à la mer, aux forets, à la mort quand elle se fait petite et à l'enchantement ... Mettez y un terme avec la sonnerie de mon téléphone, la liste des courses à faire, la clef à molette introuvable, le robinet qui fuit sur le corps déchiqueté de mes instants dépouillés et la conférence du marchand d'oeufs frais, pour une vie dépourvue de fraicheur...
Les épouvantables détails quotidiens me lacèrent avec leur machette... et laissent derrière eux certains lambeaux de moi près de l'ampoule grillée qu'il faut que je change, quelques uns sur la machine à glace qu'il faut que je répare, d'autres au milieu des factures que je dois payer et le reste dissimulé sous le tas de linge destiné au rituel tournoyant de la lavande...
Coulent les fleuves de soupe brulée oubliée... L'odeur de l'incendie jailli des profondeurs comme des spectres de tués qui n'ont pas été vengés... Mais personne ne voit le reflet des fantômes dans le miroir et personne ne sent leur odeur...
Les détails quotidiens sont pointus et saillants tel les crocs du vampire... Je m'égare dans leurs labyrinthes, trébuche sur une tasse de café par ci et une assiette de bouillon par là... Et la gousse d'ail devient plus énorme que l'Everest... Je tournaille autour d'elle avec mes doigts perplexes ne sachant plus par où commencer à l'éplucher, alors que ma tête vogue ailleurs naviguant d'une planète à l'autre, d'un rêve à l'autre, d'un éblouissement à l'autre...
Je déchire la liste des courses, recolle le reste de mes lambeaux et déclare mon pronunciamiento contre les détails... Je redeviens fauve, féroce et lointaine... Que toutes les obligations aillent en enfer, leur pays d'origine. Qu'elles moisissent dans les villes de l'hypocrisie, du baratin et de l'étalage.. Que les autres disent de moi ce qu'ils veulent... Je ne payerai pas de mon âme le prix de la médiocrité!...
Adieu minuscules détails... Je reprends mon être dans le continent de l'isolation. Pure, impétueuse comme l'instant de la naissance. Je lave mes profondeurs dans la mer de la clarté. Et me voila redevenue un poisson argenté emporté par les vagues de l'insatiabilité et de l'émerveillement , loin de la sonnerie du téléphone et des salles plaquées or de la futilité... Je nage vers la source du flamboiement inépuisable à la recherche de ce soleil secret.. et de mon amant.. Le voleur du feu...
Bonjour horribles détails quotidiens! Coupez avec mon couteau de cuisine la corde de délivrance qui me liait à la mer, aux forets, à la mort quand elle se fait petite et à l'enchantement ... Mettez y un terme avec la sonnerie de mon téléphone, la liste des courses à faire, la clef à molette introuvable, le robinet qui fuit sur le corps déchiqueté de mes instants dépouillés et la conférence du marchand d'oeufs frais, pour une vie dépourvue de fraicheur...
Les épouvantables détails quotidiens me lacèrent avec leur machette... et laissent derrière eux certains lambeaux de moi près de l'ampoule grillée qu'il faut que je change, quelques uns sur la machine à glace qu'il faut que je répare, d'autres au milieu des factures que je dois payer et le reste dissimulé sous le tas de linge destiné au rituel tournoyant de la lavande...
Coulent les fleuves de soupe brulée oubliée... L'odeur de l'incendie jailli des profondeurs comme des spectres de tués qui n'ont pas été vengés... Mais personne ne voit le reflet des fantômes dans le miroir et personne ne sent leur odeur...
Les détails quotidiens sont pointus et saillants tel les crocs du vampire... Je m'égare dans leurs labyrinthes, trébuche sur une tasse de café par ci et une assiette de bouillon par là... Et la gousse d'ail devient plus énorme que l'Everest... Je tournaille autour d'elle avec mes doigts perplexes ne sachant plus par où commencer à l'éplucher, alors que ma tête vogue ailleurs naviguant d'une planète à l'autre, d'un rêve à l'autre, d'un éblouissement à l'autre...
Je déchire la liste des courses, recolle le reste de mes lambeaux et déclare mon pronunciamiento contre les détails... Je redeviens fauve, féroce et lointaine... Que toutes les obligations aillent en enfer, leur pays d'origine. Qu'elles moisissent dans les villes de l'hypocrisie, du baratin et de l'étalage.. Que les autres disent de moi ce qu'ils veulent... Je ne payerai pas de mon âme le prix de la médiocrité!...
Adieu minuscules détails... Je reprends mon être dans le continent de l'isolation. Pure, impétueuse comme l'instant de la naissance. Je lave mes profondeurs dans la mer de la clarté. Et me voila redevenue un poisson argenté emporté par les vagues de l'insatiabilité et de l'émerveillement , loin de la sonnerie du téléphone et des salles plaquées or de la futilité... Je nage vers la source du flamboiement inépuisable à la recherche de ce soleil secret.. et de mon amant.. Le voleur du feu...
mardi 29 juin 2010
Conversation controversée
Qu'est ce que j'ai pu apprécier notre bavardage hier soir... Tu tournais autour des détails.. tous les détails.. Un détail par ci, un détail par là.. Aucun détail n'échappait à ton appétit conversationnel... Tu parlais à tort et à travers en revenant incessamment sur tous tes torts et tes travers, tantôt pour les réparer, tantôt pour les creuser encore plus...Dans un sens ou dans l'autre c'était infailliblement palpitant pour moi.. Je t'écoutais avec attention et me délectais de sentir parfois glisser dans mon oreille des termes flottants que j'interprétais comme bon me semblait. Même les mots les plus ambiguës et ceux que tu inventais pour m'intimider et titiller ma pudeur, je les accueillais avec délice en fermant les yeux... Je me rappelle aussi comment tu es entré dans le vif du sujet et comment tu as plongé dans les méandres des sens en suivant minutieusement, le long de cercles concentriques, les moindres sinuosités...Tu élevais le ton à chaque cercle plus ou moins vicieux.. Le sujet fut finalement bouclé, sans bâclage aucun, avec un pic sonore au bout de quelques bouleversantes frictions circonférentielles en profondeur... Les mots finirent par déborder avec une abondance telle qu'ils coulèrent impérieusement hors du sujet...
Je saisis ta langue, source de ta logorrhée mais cela ne fait qu'exacerber ta verbosité... Ton langage devient plus audacieux, plus cru ... Je te tourne le dos en faisant mine de rechigner.. Mais cela ne fait que donner plus de matière à tes canines avides de polémiques... Et la discussion reprend de plus belle...
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qui s'y frotte s'y pique
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