Affichage des articles dont le libellé est Dali. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Dali. Afficher tous les articles

jeudi 24 juin 2010

ثرثرة في مفترق



يا أيتها الكاتبة الحزينة
لا أكتب كما تكتبينَ
و لا أنت تكتبين كما أكتب
و لا أنا كاتبة كما كتبتِ
و لا أنت تكتبين كما أكتب
لك ريشتك و لي ريشتي


يا أيها الكاتب الوقور
لا أفعل ما تقول
و لا أنت ما أقول بفاعل
و لن أفعل ما تقول
و لا أنت ما أقول بفاعل
لك لغتك و لي لغتي

lundi 14 décembre 2009

Amour Platonique



Reste une demi-illusion!
Tel une brise, une voix, une ombre ..
Et laisse moi rêver de ton âme et te décerner mon premier amour platonique.

Pour la première fois de ma vie - sulfureuse comme une partie de chasse dans les jungles de la folie et de l'avidité, sur le seuil de la petite mort où la frontière entre enlacement  et dévoration se perd...-
Pour la toute première fois, je me sens envahie par la douceur de la transparence.
Je m'incline devant mon rêve au lieu de le détruire.
J'aspire à une présence - la tienne- qui me semble venir de mes racines éloignées et du fond des caves de mes ancêtres où sont conservés les trésors de la mystérieuse sagesse ..

Pour la première fois, je rêve d'une présence sans corps.
Avant toi, je ne rêvais que d'objets. De cadavres cauchemardesques. D'océans dont les vagues ont, au toucher,  l'aspect de la peau d'un amant. Je rêvais d'ascenseurs fermés qui me faisaient monter vers ma déchéance. Je rêvais d'hommes sans visages, de chambres sans fenêtres, de joies sans empreintes, de jours sans lendemains..

Aujourd'hui je rêve de tes mots. Je revis mon enfance.
Et je te déclare mon amour platonique.

Les ongles qui laissent leurs traces sanglantes dans le dos d'un amant. Les ébats fébriles des nuits anesthésiantes dans des chambres blanches comme les murs des hôpitaux.  Je m'en évade vers les forets mystérieuses de ton merveilleux monde englouti.

Avec toi, je découvre comment tes mains se démultiplient sur le corps frémissant de mes rêves, tant que je ne les touche pas. Et comment tes lèvres prolifèrent sur mon cœur frileux, tant que je ne déguste pas la coupe de tes baisers...
Je découvre à quel point ton don de toi-même est abondant tant que je n'y touche pas- sinon il se transformerait en mirage. A quel point ton piquet est dressé et fort, tant que je ne le l'enfonce pas pour tendre ma tente... Et à quel point je t'aime, tant qu'on n'est pas amants!!...

Quelque chose en toi me rend insatiablement friande du goût de cet amour platonique qui s'est installé majestueusement, tel un conquéreur, sur le trône du royaume déchu de mes fantasmes désuets...




samedi 29 novembre 2008

Un visiteur au comportement étrange


Devant cet ami silencieux, on s'est disputé. Tu me traitas de vieille aiguière poussiéreuse. Et je te traitai de chaussette trouée, usée par le temps.
Et il demeurait silencieux...
Tu lui assuras que je mentais comme une sainte. Et je lui assurai que tu n'étais qu'un faux prolétaire, aussi artificiel que les néons fluorescents de la ville un samedi soir.
Et il demeurait silencieux...

Je te battis avec des balles de tennis et tu renversas sur ma tête mes livres et mes papiers. Et quand tu me poignardas avec ton billet d'avion, je brandis le drapeau de l'oubli et de l'indifférence
Et il demeurait silencieux...

Nos plumes se dispersèrent dans tout l'espace de la chambre. Tu juras que tu passeras ton temps à me haïr et je jurai que j'allais te jeter des sorts et des maléfices..
ET il demeurait silencieux

Je maudis Adam et tu insultas Eve et le serpent. Puis, je ne me souviens plus comment, soudain, on s'est embrassé et on s'est réconcilié.
Et il demeurait silencieux

Nous dansâmes jusqu'à l'aube et chantâmes l'hymne à la pomme..
Nous n'avons plus jamais parlé à cet ami...

Notre amour a un comportement étrange
Il est ensablé comme un enfant rescapé d'un continent que la mer vient tout juste d'engloutir. Il est étonnant comme le rire d'une vieille dame venant du fond du cœur. Il est saillant comme un chapeau de plumes colorées sur la tête d'une prêtresse.


Je pourrais te murmurer avec lassitude
et t'écrire avec la folie de l'ultime amante, ou t'appeler, torturée par ma haine pour toi et mon amour à la fois

Il y a comme de la divagation entre nous.
Je ferme la porte de l'oubli. C'est alors que des fenêtres ouvertes naissent sur les murs et que tes ombres courent dans mes veines comme le feu court dans les forêts. Et je hais et j'aime ton abandonnement sauvage dans les rivières de mes artères et dans mes sables mouvants...

On ne guérit de toi qu'avec cette gomme magique qui s'appelle l'oubli.
Mais elle ne se vend que dans la boutique de la mort. Qui pourrait me l'acquérir? Ou l'oubli serait-il le cadeau impossible?...

Ton amour est un visiteur insupportable.
Il débarque chez moi quand je m'y attends le moins. Il entre par la fenêtre, occupe mon lit, allonge ses pieds sur mon oreiller en soie, enfume mes poumons avec son cigare, répond à mon téléphone, vire mes amis, saisit mon agenda pour rayer mes rendez vous...

Il me dicte ma coupe de cheveux, la couleur de mes vêtements, mes boucles d'oreilles, le tonalité de mon rire,le rythme de mes pas, la senteur de mon savon et mon pouls!

Il m'ordonne d'acheter une bougie noire et une rose rouge. Il jette mes papiers par terre pour essuyer ses chaussures et me fait comprendre dès le début qu'il ne restera pas... Mais il refuse de m'informer sur les horaires de ses avions, sur son emploi du temps et cache ses boussoles secrètes...

Je me révolte mais il continue de m'imposer mes heures de sommeil et d'éveil... Il écrit les rêves que je vais voir et mes cauchemars... Je lui cède épuisée et me transforme en poupée modelable entre ses mains.

Je me réveille la nuit en l'appelant pour trouver les fenêtres grand ouvertes et sa majesté parti...