vendredi 23 juin 2017

Cachette - Message personnel



attendons le soir, ma clarté, dans les alcôves du son

au mieux dans tes entrailles

ta chair porte l'eau, le fruit et un péché délicieux 

le jus d'une nouvelle ère

la chanson à l'oud - enfermé

puisque tous mes sens se souviennent, j'ai juré sur notre empire

l'emplacement connu de nous seuls 

de nous uniquement

jamais les voyageurs, les nomades et les paumés ne trouveront

la place religieuse de l'auberge

qui porte bien des noms selon les langues et que nous appelons, nous

mardi 6 juin 2017

Friandise



Je pense t'arrêter un moment
te prendre par petites doses
te fractionner en pastilles
que je fourrerai de chicotin
et j'en espacerai les prises
je m'occuperai à en faire
une mosaïque de toi
te prélassant dans la poudreuse
à l'ombre d'un palmier
remontant la dune
à l'heure du sable
il faisait rouge
et la nuit nous expulsa
pour le soleil clandestin
qu'on abritait sous le lit :
"loger les astres est interdit"
grogna-t-elle en caressant
la queue de son étoile filante

à chaque bout de souvenir
je prendrai un bout  de toi
le fragment le moins visible
de la mosaïque, peut-être
un morceau de l'oreille
tellement inutile
l'oreille
ne sert qu'à faire semblant
de ne pas être sourd

toi aussi,
tu dois avoir une mosaïque de moi
que tu grignotes au moindre creux
peut-être en as-tu dévoré
toutes les oreilles
peut-être t'attaques-tu
à la moue, peut-être
pourrais-je alors
peut-être sourire
peut-être même
engloutirais-je
à m'en étouffer
la tienne
de mosaïque
en entier

mardi 11 avril 2017

Étranglement



ta voix bruine
sur le soir
ceint de tes paupières
et  je suis
ce silence
que tes lèvres étranglent,
vacillant au creux
de ta commissure

et le bredouillement
que tes dents m'extirpent
assaille tes courbes
se presse
quand il s'ouvre
et se referme sur ta peau
il foule
les pitons de chair,
hisse les pentes
raides de pulpe-ogive
      et dure...

m'habite
cette ville
fendue en son noir
vêtue seulement de brume, elle
se laisse assiéger
quand ses toits s'insurgent,
tu couches
ton souffle
sur les murs des maisons
mi-closes
que tu mouds sous mon palais

et je suis
cette poussière
qui nue ton sanglot

mardi 7 mars 2017

À l'insu du jour





il avait des bouts de
cosmos sur ses bleus,
il parlait la bouche pleine
de soleil, et sa langue
dessinait dans ma gorge
des graffitis
stellaires

j'avais des morsures
d'automne aux reins,
des lucioles
dans les cheveux,
des bourgeons de givre
aux lèvres et soif
d'inévidence

et nous eûmes
quelques nues en pot
pour teindre nos plaies,
des lits d'orties
qui sentaient l’éther
et des sentiers vers
l'éteignement
que nous parcourions
sur la pointe des cils
à l'insu du jour

jamais nous n'en vîmes le bout


mercredi 18 janvier 2017

ab-Surdité


J'aime te parler à moi-même
quand m'entendre ne te parle plus
mes doigts tombent en logorrhée
ta peau est sourde
et ma langue ne sert plus qu'à lécher
la brèche dans notre mansuétude.

J'aime
dans la satiété  putréfiée
qui jonche les rues spirales
- les jours où l’éboueur des égos erratiques est en grève-
j'aime y humer
le parfum de tes maux bien-pansants
tes maux saignant la joie
tes maux pulsant l'air
dans la touffeur bâilleuse de mon inertie.

J'aime te mésentendre
quand à l'autre bout des veines
le cœur raccroche
et que je t'écoute encore
me parler à toi-même.